Nina BOURAOUI

Répères

Née le  à Rennes, d’un père algérien (originaire de Jijel, dans le pays des Kotama) et d’une mère bretonne.

Le déracinement, la nostalgie de l’enfance, le désir, l’homosexualité, l’écriture et l’identité sont les thèmes majeurs de son travail. Elle est commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres et ses romans sont traduits dans une quinzaine de langues.

Décorations: 

Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres. Elle est promue au grade de commandeur par l’arreté du 

Ses parents se rencontrent à Rennes, en 1960, en pleine guerre d’Algérie alors qu’ils sont étudiants. Son père souhaitait partir pour le maquis, où son frère avait été tué pour lutter pour l’indépendance, mais, brillant élève, il avait été envoyé en France à Vannes, pour poursuivre ses études. Il y passe son bac qu’il obtient avec mention et, recommandé par le proviseur de son lycée, entre comme boursier à la faculté d’économie de Rennes. Il obtient un doctorat d’économie1. Parallèlement, il milite pour l’indépendance de l’Algérie1. La mère de Nina Bouraoui, fille de parents chirurgiens-dentistes, est étudiante en droit1. Ils se marient à Rennes en 1962, malgré l’opposition des parents maternels1.

Nina Bouraoui passe avec sa sœur ainée les quatorze premières années de sa vie à Alger. Issue d’une double culture fortement marquée par la guerre d’Algérie, elle est une enfant réservée, un peu sauvage, sportive (tennis). C’est lors d’un été en Bretagne, dans sa famille maternelle, qu’elle apprendra la décision de ses parents de ne pas retourner en Algérie, ses parents craignant le début de violence dans le pays ; ici naît le déracinement, véritable fêlure accentuée par l’absence d’au revoir. Elle vivra son adolescence successivement à Paris, Zurich et Abou Dabi, puis revient à Paris après son baccalauréat pour étudier la philosophie et le droit. Attirée dès l’enfance par le dessin et l’écriture, c’est l’écriture qui lui permettra de trouver sa place dans le monde. Elle dit écrire avec son corps. Pour elle, l’écriture est un temps où la sensualité n’est pas séparée de l’esprit

C’est grâce à l’envoi de son manuscrit par la poste, sans recommandation, qu’est publié son premier roman La Voyeuse interdite (Gallimard) en 1991, qui connaîtra un succès international et recevra le prix du Livre Inter.

Certains de ses romans relatent des désirs ou amours homosexuels ; Nina Bouraoui elle-même ne cache pas son homosexualité. Elle précise cependant qu’elle ne se sent ni porte-drapeau ni vraiment pro-mariage. Dénonçant le catalogage souvent associé à l’homosexualité féminine, entaché des fantasmes pornographiques des hommes, à ses yeux l’homosexualité, ce n’est pas une identité. Je pense que le désir et la sexualité ne sont pas dissociables de l’amour. Elle se déclare gênée lorsqu’on lui demande d’aborder son intimité, chose dont elle ne parle jamais sinon à travers le voile déformant de l’écriture. Nina Bouraoui partage sa vie en âme-sœur, avec L’Amie, un personnage récurrent de ses romans.

Son neuvième roman, Mes mauvaises pensées, (Stock) obtient le prix Renaudot en 2005. En 2018, elle est dans la première sélection du prix Femina pour Tous les hommes désirent naturellement savoir et dans la dernière sélection du prix Médicis.

Elle tient une chronique, Je vous écris, dans le magazine Têtu.

Sources: wikipédia

Oeuvres

  • La Voyeuse interdite, Gallimard, 1991
    Prix Emmanuel Roblès 1991
    Prix du Livre Inter 1991
  • Poing mort, Gallimard, 1992
  • Le Bal des murènes, Fayard, 1996
  • L'Âge blessé, Fayard, 1998
  • Le Jour du séisme, Stock, 1999
  • Garçon manqué, Stock, 2000
  • La Vie heureuse, Stock, 2002
  • Poupée Bella, Stock, 2004
  • Mes mauvaises pensées, Stock, 2005
    Prix Renaudot 2005
  • Avant les hommes, Stock, 2007
  • Appelez-moi par mon prénom, Stock, 2008
  • Nos baisers sont des adieux, Stock, 2010
  • Sauvage, Stock, 2011
  • Standard, Flammarion, 2014
  • Beaux rivages, JC Lattès, 2016
  • Tous les hommes désirent naturellement savoir, JC Lattès, 2018
  • Otages, JC Lattès, 2020 Prix Anaïs Nin 2020

Sélection de quelques couvertures