L’ensemble des nos 51-53-55, rue Larbi-Ben-M’Hidi

Architecture de l’immeuble

La partie ancienne relève principalement de l’architecture éclectique à dominante classique, annonçant certains principes de la composition Beaux-Arts.

La façade est organisée selon une succession régulière de travées. Des pilastres relient visuellement plusieurs niveaux et accentuent la verticalité de l’ensemble. Ils ne jouent pas nécessairement un rôle porteur : leur fonction est surtout de donner du rythme et une apparence monumentale à l’élévation.

Le centre de la composition est souligné par un fronton, qui constitue le principal élément de couronnement de la façade ancienne. Hérité de l’architecture classique, ce motif permet de hiérarchiser une élévation particulièrement longue.

Les balcons et les bandeaux horizontaux équilibrent cette verticalité. Leurs garde-corps en ferronnerie introduisent un décor plus léger, tandis que les encadrements moulurés donnent du relief aux fenêtres.

La surélévation contraste avec cette partie ancienne :

  • les ornements classiques disparaissent presque entièrement ;
  • les lignes horizontales deviennent dominantes ;
  • les volumes sont plus simples et plus géométriques ;
  • certains angles et balcons adoptent des formes arrondies ;
  • l’ensemble évoque les ponts et les coursives d’un navire.

Le bâtiment constitue ainsi un exemple intéressant d’architecture stratifiée : la façade permet de lire plusieurs époques sans que les transformations aient totalement effacé la construction d’origine.

Architecture de l’immeuble

Les nos 51-53-55 montrent que les immeubles du centre d’Alger ne sont pas toujours le résultat d’une seule campagne de construction. Ils ont été adaptés, agrandis et modernisés en fonction de l’évolution des usages et de la valeur croissante des terrains.

La coexistence d’une façade classique et d’une surélévation moderniste permet également de comprendre le passage progressif de l’architecture décorative du XIXᵉ siècle vers les formes plus épurées du XXᵉ siècle.