À l’angle de la rue des Frères-Khelladi, l’immeuble du no 50 occupe une position stratégique dans le paysage de la rue Larbi-Ben-M’Hidi. Son implantation en carrefour, sa façade d’angle et sa vocation mixte en font un exemple caractéristique des immeubles de rapport qui ont accompagné l’essor du centre d’Alger.
Après les ensembles des nos 52-54 et 51-53-55, le parcours atteint le no 50, construit sur une parcelle d’angle. Le bâtiment présente donc deux façades : la principale donne sur la rue Larbi-Ben-M’Hidi, tandis que la seconde se développe le long de la rue des Frères-Khelladi.
Cette situation privilégiée assure une forte visibilité aux commerces du rez-de-chaussée et améliore l’éclairage des appartements. Elle explique également le soin particulier accordé au traitement architectural de l’angle.
L’immeuble appartient à la période de densification de l’ancienne rue d’Isly, entre la fin du XIXᵉ et le début du XXᵉ siècle. Durant cette époque, l’artère se transforme progressivement en une grande rue résidentielle, commerçante et professionnelle du centre d’Alger.
Comme beaucoup d’immeubles de rapport du quartier, le no 50 fut conçu pour réunir plusieurs fonctions. Le rez-de-chaussée accueillait des activités commerciales, tandis que les étages étaient occupés par des appartements, des bureaux et des cabinets professionnels.
Cette vocation mixte s’est maintenue. L’adresse a notamment accueilli l’antenne commerciale algéroise de l’Agence nationale pour la transformation et la distribution de l’or et des autres métaux précieux, tandis que des cabinets médicaux sont signalés du côté de la rue des Frères-Khelladi.
L’identité de l’architecte, celle du commanditaire et la date précise de construction ne sont pas établies avec suffisamment de certitude. Ces informations devront être confirmées par les archives municipales, les permis de construire ou une éventuelle signature visible sur la façade.
Architecture
L’immeuble appartient au modèle de l’architecture bourgeoise éclectique qui domine une grande partie de l’ancienne rue d’Isly. Sa composition associe la régularité post-haussmannienne à un décor urbain inspiré du vocabulaire classique et Beaux-Arts.
Sa principale particularité réside dans son implantation à l’angle de deux rues. La composition ne se limite donc pas à une façade frontale : elle accompagne le carrefour et établit une continuité entre la rue Larbi-Ben-M’Hidi et la rue des Frères-Khelladi.
Les façades sont organisées selon une hiérarchie caractéristique :
Les fenêtres sont disposées selon des axes réguliers. Leurs encadrements, les bandeaux séparant les niveaux et les consoles placées sous les balcons apportent du relief à l’élévation.
Les garde-corps en ferronnerie introduisent un décor plus léger. Leur dessin contribue à l’identité de l’immeuble tout en soulignant la fonction résidentielle des étages.
Le traitement de l’angle constitue le point d’observation essentiel. Il permet d’éviter une rupture brutale entre les deux façades et donne au bâtiment une présence plus affirmée dans le carrefour. L’immeuble participe ainsi à la mise en scène urbaine de la rue, au-delà de sa seule fonction résidentielle.
Le no 50 montre le rôle déterminant des immeubles d’angle dans la composition de la rue Larbi-Ben-M’Hidi. Ces bâtiments ne constituent pas seulement des logements : ils structurent les carrefours, encadrent les perspectives et assurent la transition entre l’artère principale et les voies secondaires.
Il témoigne également de la diversité des usages du centre d’Alger, où commerces, appartements, administrations et professions libérales coexistent depuis plusieurs générations.