Situé au pied de l’ancien immeuble du Bon Marché, le Milk Bar est un café-glacier historique de la place Émir-Abdelkader. Il reste principalement associé à l’attentat du 30 septembre 1956, l’un des épisodes marquants de la guerre de Libération et de la Bataille d’Alger.

Le Milk Bar occupait un emplacement très fréquenté de l’ancienne place Bugeaud, au cœur du centre commercial d’Alger. Il accueillait notamment des familles et des jeunes venus prendre des glaces.

Fermé durant plusieurs années, l’établissement a rouvert le 30 septembre 2025, avec l’ambition de préserver son identité et sa dimension mémorielle

Histoire

L’attentat du 30 septembre 1956

Le 30 septembre 1956, Zohra Drif, militante du Front de libération nationale, dépose une bombe à l’intérieur du Milk Bar. Son explosion tue trois jeunes femmes et fait plusieurs dizaines de blessés, parmi lesquels des enfants.

Une autre bombe explose le même jour à la Cafétéria de la rue Michelet, actuelle rue Didouche-Mourad. Ces actions s’inscrivent dans un cycle de violences opposant les réseaux indépendantistes algériens aux forces et organisations favorables au maintien du système colonial.

L’attentat intervient notamment après celui de la rue de Thèbes, perpétré dans la Casbah en août 1956 par des activistes contre-indépendantistes et ayant causé de nombreuses victimes algériennes. Ce contexte historique permet d’expliquer l’escalade des violences sans effacer la souffrance des victimes civiles.

Un lieu de mémoire

Le Milk Bar occupe une place particulière dans les mémoires de la guerre d’Algérie. En Algérie, l’action de Zohra Drif est généralement replacée dans le combat pour l’indépendance. Les victimes et leurs familles conservent, quant à elles, la mémoire des morts, des blessures et des amputations provoquées par l’explosion.

Présenter ce lieu exige donc de rappeler simultanément le contexte colonial, la lutte indépendantiste et les conséquences humaines de l’attentat.