Dar Khedaoudj El Amia : le palais des traditions algériennes

Repères

La ruelle des Abderrames

L’origine exacte de la demeure reste discutée. Certaines traditions situent sa première construction vers 1570, tandis que les études patrimoniales retiennent surtout l’importante transformation réalisée en 1789. Cette année-là, Hassan Khaznadji, trésorier du dey Mohamed Ben Othmane, acquit la propriété pour sa fille Khedaoudj. La demeure conserva ensuite son nom. Après 1830, le palais fut occupé par l’administration coloniale et accueillit notamment la première mairie d’Alger. Il fut ensuite affecté à l’artisanat, avant de devenir le Musée national des Arts et Traditions populaires en 1987. Elle montre également pourquoi l’utilisation d’explosifs dans ce quartier faisait courir un danger considérable aux habitants. Pendant la guerre de Libération, les militants politiques, les condamnés à mort et les prisonniers de droit commun ne connaissaient pas tous les mêmes conditions de détention. Elle témoigne de la place essentielle de l’eau dans la ville ancienne, aussi bien pour les usages quotidiens que pour les pratiques liées à la mosquée.

Khedaoudj entre histoire et légende

Une légende populaire raconte que Khedaoudj aurait perdu la vue à force de contempler son reflet dans un miroir. Elle aurait ainsi reçu le surnom d’« El Amia », signifiant « l’aveugle ». Ce récit appartient à la tradition orale de la Casbah. Il participe à l’identité du palais, mais ne doit pas être présenté comme un événement historiquement démontré. Cette architecture protégeait l’intimité familiale, mais pouvait aussi faciliter la dissimulation de personnes ou de matériel.

Importance du monument

Dar Khedaoudj El Amia est l’un des plus beaux témoignages de l’architecture résidentielle ottomane conservée dans la Casbah. Son organisation intérieure protège l’intimité de la demeure, conformément aux principes des maisons traditionnelles algéroises.

Le monument possède également une importante vocation culturelle. Ses collections présentent la richesse des traditions algériennes à travers les vêtements, les bijoux, les tapis, les broderies, les poteries, la vannerie et les objets de la vie quotidienne.

Le lieu réunit ainsi deux patrimoines complémentaires : celui de l’architecture historique d’Alger et celui des savoir-faire populaires de l’ensemble du pays.

Une architecture tournée vers l’intérieur

Comme de nombreuses demeures de la Casbah, le palais présente une façade extérieure sobre. Sa richesse se découvre une fois le seuil franchi. L’entrée conduit à une succession de passages appelés sqifa, conçus pour préserver l’intimité des occupants. Un escalier mène ensuite au patio principal, entouré de galeries et de pièces d’habitation. Les arcs, les colonnes, les balustrades sculptées et les carreaux de faïence témoignent du raffinement atteint par l’architecture domestique algéroise. Elle montre également pourquoi l’utilisation d’explosifs dans ce quartier faisait courir un danger considérable aux habitants. Pendant la guerre de Libération, les militants politiques, les condamnés à mort et les prisonniers de droit commun ne connaissaient pas tous les mêmes conditions de détention. Elle témoigne de la place essentielle de l’eau dans la ville ancienne, aussi bien pour les usages quotidiens que pour les pratiques liées à la mosquée.

Le Musée national des Arts et Traditions populaires

Les éléments à observer

La sqifa

Le passage d’entrée forme une transition entre la rue et les espaces privés. Sa disposition empêchait les passants d’apercevoir directement l’intérieur de la maison.

Le patio

Le patio constitue le centre architectural et lumineux du palais. Les différentes pièces s’organisent autour de cet espace.

La sqifa

Le passage d’entrée forme une transition entre la rue et les espaces privés. Sa disposition empêchait les passants d’apercevoir directement l’intérieur de la maison.

Les galeries

Les galeries superposées permettent de circuler entre les pièces tout en ouvrant la demeure sur le patio.

Les colonnes et les arcs

Les colonnes de marbre et les arcs sculptés donnent au palais son élégance caractéristique.

Les faïences

Les galeries superposées permettent de circuler entre les pièces tout en ouvrant la demeure sur le patio.

Les collections

Les galeries superposées permettent de circuler entre les pièces tout en ouvrant la demeure sur le patio.

  1. Vérifiez les horaires avant votre visite.
  2. Prévoyez entre 45 minutes et une heure.
  3. Portez des chaussures adaptées aux ruelles et aux escaliers.
  4. Demandez l’autorisation avant de photographier les collections.
  5. Ne touchez pas aux objets exposés ni aux décors anciens.
  6. Prenez le temps d’observer les détails du patio et des galeries.
  7. Associez cette visite aux autres palais de la Basse Casbah.

La sobriété est ici essentielle. Serkadji ne doit pas devenir une attraction sensationnaliste, mais un espace de transmission historique et de recueillement.

À découvrir à proximité

Dar Khedaoudj El Amia est l’une des demeures historiques les plus raffinées de la Casbah d’Alger. Transformé en grand palais à la fin du XVIIIe siècle, le monument conserve un patio, des galeries et des décors caractéristiques de l’architecture algéroise. En accueillant le Musée national des Arts et Traditions populaires, il offre aujourd’hui une découverte complémentaire : celle d’un palais ottoman et celle de la diversité des savoir-faire algériens. Le 8 octobre 1957, les forces françaises firent exploser la cache après le refus de ses occupants de se rendre. Les quatre résistants furent tués, ainsi que plusieurs civils des maisons voisines. Aujourd’hui aménagé en espace mémoriel, le lieu permet de comprendre le rôle joué par les maisons, les ruelles et les habitants de la Casbah dans l’organisation de la résistance clandestine. Sa visite doit rester sobre et respectueuse. La maison n’est pas une attraction spectaculaire, mais un espace de transmission consacré à des combattants et à des habitants morts pendant la guerre de Libération. Des centaines de militants y furent détenus et 58 condamnés à mort y furent guillotinés, parmi lesquels Ahmed Zabana, Abdelkader Ferradj, Fernand Iveton et Taleb Abderrahmane. Fermée en 2014 et protégée au titre du patrimoine national, elle est destinée à devenir un musée de la mémoire. Tant qu’une ouverture officielle régulière n’est pas confirmée, elle doit toutefois être présentée comme un monument mémoriel observable depuis l’extérieur, et non comme une attraction librement visitable.

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