Situé dans la Basse Casbah d’Alger, Dar Mustapha Pacha est l’un des palais les plus raffinés de la Casbah. Derrière sa façade sobre se découvrent un patio lumineux, des galeries, des colonnes de marbre et de riches faïences. Le monument abrite aujourd’hui le Musée national de l’Enluminure, de la Miniature et de la Calligraphie, consacré aux arts du livre et de l’écriture.

Au cœur de la Basse Casbah, Dar Mustapha Pacha est l’un des palais les plus raffinés de d'Alger. Achevé en 1799, il dévoile un patio lumineux, des galeries, des colonnes de marbre et de riches faïences. Il abrite aujourd’hui le Musée national de l’Enluminure, de la Miniature et de la Calligraphie.

Histoire et architecture de d'immeuble

Dar Mustapha Pacha fut édifié à la fin du XVIIIe siècle pour Mustapha Pacha, dey d’Alger de 1798 à 1805. Une inscription conservée dans le palais situe son achèvement en 1214 de l’Hégire, correspondant à 1799.

Le palais se trouvait à proximité du quartier commerçant de Souk El-Djemaâ. Il constituait une résidence privée prestigieuse, même si le dey exerçait principalement ses fonctions depuis la Djenina, ancien palais du gouvernement d’Alger.

Après la prise d’Alger en 1830, la demeure connut plusieurs affectations. Elle accueillit notamment la Bibliothèque nationale et le Musée des antiquités à partir de 1863. La bibliothèque y demeura jusqu’en 1948.

Après l’indépendance, le monument fut récupéré par l’État algérien. Restauré, il devint en 2007 le siège du Musée national de l’Enluminure, de la Miniature et de la Calligraphie.

Mustapha Pacha gouverna la Régence d’Alger de 1798 à 1805. Son règne s’inscrit dans les dernières décennies de la période ottomane, marquées par d’importants échanges politiques et commerciaux en Méditerranée.

Le palais qui porte son nom témoigne de son rang et du raffinement de la cour d’Alger à la fin du XVIIIe siècle. Mustapha Pacha fut assassiné en 1805, peu après avoir quitté la mosquée.
Cette année-là, Hassan Khaznadji, trésorier du dey Mohamed Ben Othmane, acquit la propriété pour sa fille Khedaoudj. La demeure conserva ensuite son nom.

Après 1830, le palais fut occupé par l’administration coloniale et accueillit notamment la première mairie d’Alger. Il fut ensuite affecté à l’artisanat, avant de devenir le Musée national des Arts et Traditions populaires en 1987.

Architecture

Dar Mustapha Pacha constitue un témoignage majeur de l’architecture résidentielle algéroise, profondément enracinée dans les traditions amazighes et nords africaines. Contrairement à une idée répandue, l’organisation de la demeure autour d’un patio ne peut être considérée comme une création exclusivement ottomane. Ce principe, antérieur à la présence ottomane en Algérie, appartient à un héritage architectural local et méditerranéen que l’on retrouve, sous différentes formes, dans les habitations traditionnelles de Kabylie et d’autres régions de l'Afrique du Nord.

Le palais illustre ainsi l’adaptation raffinée d’un modèle local : une façade extérieure volontairement discrète protège un intérieur organisé autour d’un espace central, lieu de lumière, d’aération et de vie familiale. Ses faïences, ses colonnes de marbre, ses arcs, ses plafonds en bois et ses ouvertures finement travaillées témoignent ensuite des nombreux échanges artistiques qui reliaient Alger aux autres régions de l'Afrique du nord et de la Méditerranée.

Sa transformation en musée prolonge aujourd’hui cette vocation culturelle. Le visiteur y découvre à la fois un monument historique remarquable et des œuvres consacrées à la miniature, à l’enluminure et à la calligraphie.

L’entrée du palais ne donne pas directement sur les espaces privés. Elle conduit d’abord à une sqifa, passage conçu pour préserver l’intimité des habitants et assurer une transition entre la rue et la demeure.

Le patio forme le cœur de l’édifice. Autour de cet espace lumineux s’organisent des galeries soutenues par des colonnes de marbre, ainsi que les anciennes pièces d’habitation.

Les murs sont recouverts de carreaux de faïence aux motifs floraux et géométriques. Les arcs, les balustrades, les encadrements de portes et les plafonds en bois complètent ce décor caractéristique des grandes demeures algéroises.

Le Musée national de l’Enluminure, de la Miniature et de la Calligraphie

Installé dans le palais depuis 2007, le musée assure la conservation, l’étude et la valorisation des arts de l’écriture et du livre.

Le palais se distingue par la richesse de ses faïences, ses colonnes de marbre, ses arcs, ses plafonds en bois et ses ouvertures finement travaillées. Ces éléments révèlent les influences artistiques multiples qui circulaient alors entre Alger et les autres régions méditerranéennes.

Sa transformation en musée prolonge cette vocation culturelle. Le visiteur découvre à la fois un monument historique et des œuvres consacrées à la miniature, à l’enluminure et à la calligraphie.

Conseils de visite

Dar Mustapha Pacha vient logiquement après Dar Khedaoudj El Amia dans la découverte des palais de la Basse Casbah. Les deux demeures permettent de comparer l’organisation des grandes résidences algéroises tout en découvrant deux musées aux vocations complémentaires.

Après les arts et traditions populaires présentés à Dar Khedaoudj El Amia, Dar Mustapha Pacha introduit le visiteur aux arts de l’écriture, de la miniature et du livre. Le parcours peut ensuite se poursuivre vers le palais Hassan Pacha et la mosquée Ketchaoua.