À l’angle du boulevard Mohamed-Khemisti et de l’avenue Émir-Abdelkrim-El-Khattabi se dresse l’ancien Grand Hôtel Excelsior. Construit en 1903 par Auguste Guillet, l’édifice se distingue par son oriel d’angle, ses balcons en ferronnerie et son abondant décor végétal. Il constitue l’un des plus beaux témoignages de l’Art nouveau dans le centre d’Alger.
L’ancien Grand Hôtel Excelsior occupe une parcelle d’angle particulièrement visible, face à la partie basse des jardins Mohamed-Khemisti et à proximité immédiate de la Grande Poste.
À l’époque de sa construction, il se trouvait au croisement du boulevard Laferrière et de l’ancienne avenue Pasteur, dans un secteur alors en pleine transformation. Les anciennes fortifications et emprises militaires avaient laissé place à de nouveaux boulevards, jardins, hôtels et immeubles de rapport.
Sa position stratégique permettait à l’établissement d’accueillir les voyageurs arrivant dans le nouveau centre d’Alger, tout en bénéficiant de vues sur les jardins, le port et la baie.
L’édifice n’est plus exploité comme hôtel. Les sources historiques mentionnent notamment son occupation ultérieure par la Compagnie algérienne, tandis que la documentation consacrée au boulevard Khemisti l’identifie également comme un bâtiment utilisé par les Douanes.
La construction d’un grand hôtel
Le Grand Hôtel Excelsior est construit en 1903, parmi les premières réalisations importantes élevées sur les anciens terrains militaires déclassés.
Le projet est attribué à l’architecte Auguste-François Guillet, généralement appelé Auguste Guillet. Il conçoit un établissement capable de répondre au développement du tourisme, des voyages d’affaires et de la vie mondaine dans l’Alger du début du XXᵉ siècle.
L’hôtel proposait des chambres, des salons de réception et un restaurant. Celui-ci organisait notamment des dîners-concerts, associant repas, musique et sociabilité.
La construction en 1903 et l’attribution à Auguste Guillet sont documentées par la base scientifique
Un établissement de la Belle Époque
Durant ses premières années, l’Excelsior participe à la transformation du centre d’Alger en une ville moderne dotée de grands hôtels, de cafés, de salles de spectacle et de commerces.
Les cartes postales anciennes montrent un quartier particulièrement animé, desservi par les tramways et fréquenté par les voyageurs comme par les habitants.
Grâce à sa façade très reconnaissable, l’hôtel devient rapidement un repère visuel à la jonction de la rue d’Isly, de l’avenue Pasteur, du boulevard Laferrière et de l’axe conduisant vers la rue Michelet.
La disparition de l’hôtel
L’activité de l’établissement semble avoir cessé vers la fin de la Première Guerre mondiale. Des documents de presse reproduits par les archives iconographiques d’Alger indiquent que l’hôtel aurait fermé dans le courant de 1918.
Le bâtiment est ensuite occupé par la Compagnie algérienne, un établissement bancaire et financier. Il connaît ainsi une première transformation fonctionnelle, tout en conservant l’essentiel de sa silhouette extérieure.
Par la suite, il est associé aux services des Douanes. Les usages intérieurs ont donc évolué à plusieurs reprises depuis sa construction.
Architecture
L’ancien Hôtel Excelsior associe la composition régulière d’un grand immeuble urbain à un décor caractéristique de l’Art nouveau, également appelé modernisme dans certains inventaires internationaux.
Son architecture repose sur :
L’inventaire international de l’architecture moderniste classe d’ailleurs l’édifice dans le style Modernisme et confirme son attribution à Auguste Guillet. Inventaire Arquitectura Modernista
Le spectaculaire oriel d’angle
L’élément le plus remarquable de l’immeuble est son oriel, une avancée vitrée en encorbellement qui souligne verticalement la rencontre des deux façades.
Cet oriel remplit plusieurs fonctions :
La structure s’élève sur plusieurs niveaux et se termine par un couronnement décoratif. Celui-ci comportait autrefois une horloge, aujourd’hui disparue ou profondément transformée.
Des figures sculptées de type atlantes participaient également au soutien et à la décoration de cette composition verticale.
Le décor Art nouveau
Le décor de l’Excelsior se distingue par son inspiration végétale. Contrairement à une architecture strictement classique, il privilégie les courbes, les lignes souples et les motifs organiques.
On peut notamment observer :
Ces ornements distinguent clairement l’Excelsior des immeubles néoclassiques ou néo-mauresques voisins. Il convient donc de le présenter principalement comme un édifice Art nouveau, et non comme un immeuble Art déco.
L’ancien hôtel s’observe uniquement depuis l’espace public. Le meilleur point de vue se trouve du côté des jardins Khemisti, légèrement en retrait de l’intersection. Cette position permet d’embrasser simultanément les deux façades et l’oriel.
Un second angle d’observation est possible depuis l’avenue Émir-Abdelkrim-El-Khattabi. Il permet d’examiner plus précisément les balcons, les frises et les motifs végétaux.
Prévoyez environ 10 à 15 minutes pour observer l’ensemble.
Conseils pratiques