Implanté dans une position privilégiée, au début de la rue Larbi-Ben-M’Hidi, l’immeuble du no 64 participe pleinement à la perspective monumentale de la Grande Poste. Son architecture a été pensée pour valoriser l’angle de la parcelle et affirmer la présence du bâtiment dans le paysage urbain.

À la fois résidentiel et professionnel, il témoigne de la transformation de l’ancienne rue d’Isly en une grande artère commerçante et bourgeoise du centre d’Alger.

Histoire et architecture de d'immeuble

L’immeuble fut construit durant la période de développement et de densification du quartier d’Isly, lorsque cette partie d’Alger accueillait de nouveaux édifices de rapport destinés à une population urbaine relativement aisée.

Sa proximité avec la Grande Poste, les grands boulevards et les principaux commerces en faisait une adresse particulièrement recherchée. Le bâtiment réunissait plusieurs fonctions : des appartements occupaient les étages, tandis que les autres espaces pouvaient accueillir des cabinets médicaux, des bureaux et différentes activités commerciales.

Cette mixité était caractéristique des immeubles bourgeois du centre d’Alger. Elle permettait au propriétaire de rentabiliser une parcelle bien située tout en proposant des logements et des locaux adaptés à la vie économique de la rue.

Le hall abriterait une remarquable mosaïque représentant une girafe. Cet élément insolite témoignerait du soin accordé aux espaces communs, conçus comme une transition prestigieuse entre la rue et les appartements. L’entrée demeurant privée, son observation ne peut se faire qu’avec l’accord des occupants.

Architecture

L’édifice présente un gabarit inspiré de l’architecture haussmannienne : plusieurs niveaux superposés, une composition régulière des façades, des balcons soulignant les étages et un rez-de-chaussée réservé en partie aux activités commerciales.

Son caractère le plus remarquable réside dans le traitement de l’angle. Celui-ci est aménagé en pan coupé, disposition qui améliore la visibilité au carrefour et donne au bâtiment une silhouette plus monumentale. L’angle devient ainsi le véritable axe de la composition architecturale.

Il est couronné par une imposante toiture en accolade, dont les lignes courbes rappellent certains frontons de la Renaissance et du baroque. Un épi de faîtage placé au sommet accentue encore la verticalité de l’ensemble et transforme la toiture en véritable signal urbain.

Le décor mêle plusieurs influences :

  • - une organisation générale d’inspiration haussmannienne ;
  • - une composition monumentale issue de la tradition Beaux-Arts ;
  • - des ornements empruntés au vocabulaire néo-Renaissance ;
  • - des encadrements sculptés autour des fenêtres ;
  • - des balcons et des garde-corps en ferronnerie ;
  • - des menuiseries anciennes accompagnées de lambrequins décoratifs ;
  • - un couronnement particulièrement travaillé.

 

Les façades sont organisées selon une hiérarchie précise. Le soubassement affirme la solidité de l’immeuble, les étages sont rythmés par les fenêtres et les balcons, tandis que la toiture concentre les éléments les plus spectaculaires. Cette progression conduit naturellement le regard vers l’angle et son couronnement.

L’immeuble du no 64 relève donc d’une architecture bourgeoise éclectique à dominante Beaux-Arts, associant une structure post-haussmannienne à des références néo-Renaissance. Sa richesse décorative et sa position près de la Grande Poste en font l’un des repères architecturaux majeurs du début de la rue Larbi-Ben-M’Hidi.

Conseils de visite

  1.