Au pied de la Casbah d’Alger, la place des Martyrs s’étend entre la vieille ville, le port et les anciens quartiers d’Alger-Centre. Bordée par plusieurs monuments historiques, elle constitue l’un des principaux espaces publics de la capitale et un point de passage entre la Casbah, Bab El Oued et le front de mer.

Anciennement appelée place du Gouvernement, elle a été aménagée pendant la période coloniale française. Elle fut conçue comme une place d’armes et entraîna la transformation profonde de la basse Casbah. Après l’indépendance de l’Algérie, en 1962, elle prit le nom de place des Martyrs en hommage aux combattants morts pour la libération du pays

Histoire et architecture 

Avant la création de la place moderne, cet espace appartenait au tissu dense de la médina d’Alger. Il était occupé par des habitations, des boutiques, des rues commerçantes et plusieurs édifices religieux. La zone constituait un centre politique et commercial important de la ville.

Après la prise d’Alger en 1830, les autorités coloniales entreprirent de réorganiser la basse Casbah. L’ancienne place fut alors aménagée sous le nom de place du Gouvernement, afin de créer un vaste espace ouvert à proximité des bâtiments administratifs, du port et des lieux de pouvoir.

Cette transformation entraîna la disparition de plusieurs éléments du tissu urbain ancien, notamment la mosquée Es-Saïda, le palais de la Djenina ainsi que des rues occupées autrefois par les teinturiers, les bijoutiers et les artisans. 

De la place du Gouvernement à la place des Martyrs

Pendant la période coloniale, la place représentait le pouvoir administratif et militaire français. Elle était entourée de bâtiments liés à la gestion de la ville et se trouvait au cœur des échanges entre la Casbah et le port.

En 1962, après l’indépendance de l’Algérie, elle fut officiellement rebaptisée place des Martyrs. Ce nouveau nom rend hommage aux hommes et aux femmes morts pendant la guerre de libération nationale, entre 1954 et 1962.

La place devint ainsi un lieu de mémoire nationale. Elle ne représente plus seulement un espace de circulation, mais aussi un symbole de la libération du pays et de la continuité de l’histoire algérienne.

Un symbole de la mémoire algérienne

La place des Martyrs rassemble plusieurs dimensions de l’histoire d’Alger : la mémoire de la médina, les transformations imposées pendant la colonisation, les vestiges des civilisations anciennes et le souvenir de la guerre de libération.

Elle constitue aujourd’hui l’un des lieux les plus importants de la basse Casbah. Sa proximité avec les mosquées historiques, les palais anciens, le port et la station de métro en fait un espace à la fois patrimonial, religieux, urbain et culturel.

Architecture

La place des Martyrs est entourée de plusieurs monuments majeurs de la basse Casbah. On y trouve notamment la mosquée Ketchaoua, la Grande Mosquée d’Alger, la mosquée El Djedid, Dar Aziza, Dar Khdaouedj et le palais Hassan Pacha.

Son emplacement offre également une transition entre les ruelles étroites de la Casbah et les espaces plus ouverts du front de mer. Cette opposition entre la ville traditionnelle et l’urbanisme colonial donne à la place une identité particulière.

La place est également liée à l’ancien port d’Alger et à la Pêcherie. Elle permet de comprendre l’organisation historique de la ville, construite entre la pente de la Casbah, les quartiers administratifs et la mer.

Un site archéologique exceptionnel

Les travaux réalisés pour la construction de la station de métro ont permis de mettre au jour d’importants vestiges archéologiques sous la place. Les fouilles ont révélé plusieurs couches d’occupation correspondant à différentes périodes de l’histoire d’Alger.

Les découvertes évoquent notamment l’ancienne cité d’Ikosim, les périodes romaine, byzantine, islamique et ottomane. Elles témoignent d’une occupation du site sur près de deux mille ans. 

Une partie de ces vestiges est présentée dans la station de métro Place des Martyrs, conçue également comme un espace de découverte archéologique. Le visiteur peut y observer des éléments de l’ancienne ville et comprendre l’évolution du site à travers les siècles.

Conseils de visite

La visite de la place peut être associée à celle de la mosquée Ketchaoua, de la Casbah, de la Grande Mosquée, de Dar Aziza et du front de mer.
Il est conseillé de prendre le temps d’observer les différents niveaux de la place, les monuments qui l’entourent et les vestiges visibles dans la station de métro. La place constitue également un bon point de départ pour découvrir les premières ruelles de la Casbah et les principaux monuments de la ville ancienne d’Alger.