Douga Douga : quand l’huile d’olive kabyle réinvente le patrimoine culinaire algérien à Marseille

Par Rédaction Cultures Algériennes août 20265 min de lectureAlger

Marseille, été 2026. Dans les ruelles animées du Panier ou les restaurants branchés du Prado, une huile d’olive algérienne fait parler d’elle. Pas une simple bouteille, mais un véritable manifeste gustatif : Douga Douga, une 100 % Chemlal, cette variété emblématique des montagnes de Kabylie, qui séduit les palais les plus exigeants et s’impose comme une ambassadrice de la culture algérienne en Méditerranée.

Une légende précise et informative.
Une légende précise et informative.Photo : Cultures Algériennes

Un héritage qui traverse les générations

Clément Rouch, petit-fils et fils de pieds-noirs algériens, n’a pas choisi l’huile d’olive par hasard. "C’est un produit à part, d’exception. Elle véhicule un héritage, une histoire. Elle rappelle l’enfance", confie-t-il, les yeux brillants. Son aventure commence par un coup de foudre pour la Kabylie, terre de ses ancêtres. "À force d’entendre parler de ces oliviers Chemlal, j’ai pris l’avion pour Tizi Ouzou. Et là, j’ai rencontré un maître-olivier. Un homme qui m’a tout appris : le temps, la patience, le respect du fruit."

Ce savoir-faire ancestral, Clément l’a sublimé en une huile ultra-maturée, récoltée presque après les premières gelées, pour en extraire une saveur "longue en bouche, presque briochée". Une alchimie qui lui a valu, en moins d’un an, le prix Best of Gourmet Selection by SIAL 2026 et une place dans les pages d’Elle à Table.


Douga Douga : une identité visuelle qui brise les clichés

"On l’aime ou on la déteste", lance Clément avec un sourire malicieux. Et c’est justement cette force du caractère qui fait de Douga Douga un produit unique. Son nom, "Douga Douga" (دوغا دوغا), signifie "doucement, doucement" en kabyle – une invitation à savourer, à prendre son temps, à célébrer la lenteur comme art de vivre.

Son flacon, épuré et moderne, rompt avec les codes traditionnels : "Loin des clichés, contemporain comme l’est l’Algérie aujourd’hui", explique-t-il. Une bouteille qui parle aux jeunes générations, tout en honorant les racines d’une terre où l’olivier est bien plus qu’un arbre – c’est un symbole de résilience, de partage et de transmission.


De la Kabylie à Marseille : une route des saveurs

En six mois seulement, Douga Douga a conquis :

Les tables des chefs : Figure, Moga, et bien d’autres restaurants marseillais l’ont adoptée.

Les épiceries fines : Gigi à Noailles, Les Argonautes, Francette… où elle côtoie les grands crus.

Les rayons Monoprix : depuis peu, on la trouve au Monoprix du rond-point du Prado.

Le digital : son site internet, où elle cartonne, permet une vente directe du producteur au consommateur.

"Entre 5 000 et 10 000 litres produits cette année", précise Clément, qui mise sur une petite production éthique, avec une mise en bouteille dans un ESAT à Manosque et du verre italien. "L’objectif ? Grandir sans perdre en qualité. Une bonne huile d’olive, c’est comme un bon vin : ça se déguste, ça se raconte."


L’huile d’olive, patrimoine immatériel de l’Algérie

Derrière Douga Douga, c’est toute une culture qui se révèle :

  • La variété Chemlal, reine des oliveraies kabyles, résistante à la sécheresse et riche en arômes.
  • Les méthodes traditionnelles : récolte tardive, pression à froid, maturation lente.
  • Un lien indéfectible avec la terre : "Ces oliviers, certains ont plus de 200 ans. Ils sont le témoin de l’histoire de nos villages."

"Une huile d’olive, c’est bien plus qu’un condiment. C’est un voyage, une mémoire, une fierté", souligne Clément. Et Douga Douga en est la preuve vivante.

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