Un lieu de pouvoirL’ensemble Sidi Abderrahmane Eth-Thaâlibi s’est développé autour de la sépulture du grand savant devenu le saint patron d’Alger. La construction d’une koubba en 1611, puis l’aménagement de la mosquée à partir de 1696, ont donné naissance à un sanctuaire majeur de la Casbah. Sa coupole, son mihrab, son minaret et ses faïences témoignent de la richesse de l’architecture religieuse algéroise à l’époque ottomane.
L’enceinte réunissait des casernements, des bastions, une poudrière, des réserves et les équipements nécessaires à son fonctionnement. Par sa situation et son organisation, elle formait une véritable cité fortifiée, relativement autonome au-dessus d’Alger.
Un lieu de pouvoir
Une cité dans la cité
Un panorama historiqueAprès la mort de Sidi Abderrahmane Eth-Thaâlibi en 1471, sa sépulture devint un lieu de recueillement. Au début du XVIIe siècle, une première koubba — un édifice funéraire couvert d’une coupole — fut construite pour abriter son tombeau. Cette construction constituait le cœur du sanctuaire. D’autres aménagements furent ensuite ajoutés autour de la chambre funéraire afin d’accueillir les fidèles et d’accompagner le développement du lieu.
En 1696, sous le gouvernement du dey Hadj Ahmed, l’ensemble fut agrandi et transformé par la construction d’une mosquée. Une inscription placée au-dessus du porche conserve la date de cette fondation. Les travaux se poursuivirent durant les premières décennies du XVIIIe siècle. Une autre inscription indique leur achèvement en 1730, sous le dey Abdi Pacha. L’édifice actuel résulte ainsi de plusieurs phases d’aménagement réalisées autour de la sépulture ancienne.
Le complexe ne conserve pas uniquement le tombeau de Sidi Abderrahmane. Plusieurs personnalités de l’histoire d’Alger et de la Régence y furent également inhumées. Cette présence funéraire renforce la dimension mémorielle du monument. L’ensemble apparaît comme un lieu où se rencontrent l’histoire spirituelle de la ville, la mémoire de ses habitants et celle de plusieurs figures du pouvoir. Intégrée au périmètre de la Casbah d’Alger, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1992, elle fait aujourd’hui l’objet d’opérations de sauvegarde et de restauration.
L’ensemble architectural s’est développé autour de la chambre funéraire. Celle-ci adopte un plan carré surmonté d’une coupole, caractéristique des koubbas maghrébines.
À l’intérieur, des colonnes engagées permettent le passage du plan carré à la base octogonale qui soutient la coupole. Le mihrab est encadré de deux colonnettes et enrichi de carreaux de faïence.
Le minaret, de plan carré, se distingue par ses différents niveaux ornés d’arcatures aveugles et de panneaux de céramique. L’architecture associe ainsi des traditions locales à des influences décoratives liées à la période ottomane
Elle couvre la chambre funéraire et signale la présence du mausolée. Sa silhouette constitue l’un des éléments caractéristiques du monument.
De plan carré, il est rythmé par plusieurs niveaux d’arcatures décoratives et par des revêtements de faïence colorée.
Indiquant la direction de la prière, il est encadré de colonnettes et décoré de carreaux de céramique.
Présentes sur le mihrab, les murs et le minaret, elles apportent couleurs et motifs géométriques à l’ensemble architectural.
La Citadelle d’Alger est bien plus que l’ancien palais du Dey. Derrière ses remparts se déployait une véritable cité du pouvoir réunissant défense, gouvernement, religion et vie quotidienne. Dominant la Haute Casbah, Dar Es-Soltane demeure une étape essentielle pour comprendre l’histoire et l’architecture de l’ancienne Alger.
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